Annie Grenier |  ᐋᓂ ᑯᕆᓀ

ᒪᓐᓂᓕᐅᑦ | Juin | June

Annie Grenier est une artiste multidisciplinaire qui vit et travaille à Kuujjuaq et à Montréal. Elle s’est mise à l’artisanat dès son plus jeune âge, à Kuujjuaq. Elle a appris en observant sa mère, Louisa Watt, confectionner toutes sortes d’objets : des sachets, des ookpiit (peluches en forme de chouette) en peau de phoque et des tukautiit (chaussons). « Quand ma mère détournait le regard de son ouvrage au crochet, j’en profitais pour faire quelques rangs en cachette. Elle devait les défaire, car ils étaient vraiment maladroits. » C’est principalement sa mère qui l’a inspirée à se lancer dans l’artisanat, mais d’autres personnes de son entourage, comme sa tante Daisy Saunders qui fabriquait des paniers en ivigaq, ont également joué un rôle important dans son parcours artistique.
Bien qu’Annie n’ait commencé à fabriquer des paniers en ivigaq que plusieurs années plus tard, c’est à ce moment-là qu’elle a pris conscience de la satisfaction que lui procurait la création de ses propres modèles. Elle a notamment été guidée par sa mentor, l’aînée Elisapie Gunn, qui lui a enseigné l’art de la vannerie, un savoir-faire aujourd’hui très peu pratiqué mais qui occupait autrefois une place importante dans le mode de vie inuit. Elle a toutefois mis son activité artisanale entre parenthèses pendant un certain temps, jusqu’à ce que sa fille, Julie Grenier, commence à créer ses propres œuvres d’art. Annie a alors retrouvé l’inspiration pour se remettre à la création artistique, démontrant ainsi que l’art est un parcours jalonné de périodes de créativité intenses et de périodes plus calmes, mais indissociable de notre identité. Elle travaille généralement sur ses œuvres jusqu’à ce qu’elles soient achevées ou jusqu’à ce que la vie l’oblige à mettre son activité artistique en pause.
Annie préfère travailler avec des matériaux naturels, comme le qiviut (laine de bœuf musqué) et l’ivigaq (élyme des sables), pour réaliser ses créations artisanales. Depuis l’introduction de l’umingmak (bœuf musqué) au Nunavik dans les années 1980, les Nunavimmiut l’ont progressivement intégré à leurs pratiques culturelles. Ils le chassent, consomment sa viande et utilisent certaines de ses parties pour l’artisanat. Ils apprennent également à fabriquer du qiviut (laine) à partir de sa fourrure. Il s’agit d’un processus long et laborieux que d’autres artistes, notamment Christine Nakoolak et Hannah Tooktoo, sont en train de découvrir. Cette fabrication permettra aux artisans du Nunavik de gagner en autonomie — le prix moyen d’une pelote de qiviut au Canada est de 150 dollars — et de se démarquer par l’originalité de leurs créations. Annie fait partie de ces artistes talentueuses qui créent de la magie à partir de ce matériau. Son attachement aux matériaux naturels locaux se traduit également par l’utilisation de l’ivigaq pour fabriquer des paniers et des collections de boucles d’oreilles, perpétuant ainsi cette tradition inuit.
Annie a participé à l’événement CRAFTED 2025 à Qaumajuq (Winnipeg Art Gallery) avec la délégation du Nunavik. Cette expérience a été très enrichissante pour elle, car elle a vendu la plupart de ses créations et le musée a acheté certaines de ses œuvres pour sa boutique. Annie a également participé à l’édition de cette année du festival « KWE ! À la rencontre des peuples autochtones » à Québec en juin, où elle a eu l’occasion de présenter son savoir-faire devant un public curieux. De nombreuses personnes se sont renseignées sur sa technique de couture à partir de peau de bœuf musqué. Elle présente souvent son travail sur ses réseaux sociaux, notamment sur Instagram @anniewattgrenier , et prévoit continuer à perfectionner son art et à le faire découvrir lors d’autres événements.

ᐋᓂ ᑯᕆᓀ ᖃᓄᐃᑦᑐᑐᐃᓐᓇᓂ ᓴᓇᖕᖑᐊᒍᓐᓇᓲᖅ ᑰᒃᔪᐊᒥᐅᔭᑦᓱᓂ ᒪᓐᑐᔨᐊᒥᓲᖑᒻᒥᔪ. ᑰᒃᔪᐊᒥ ᐱᒋᐊᖕᖓᓚᐅᕐᓯᒪᔪ ᓄᑲᕐᓯᐅᑦᓱᓂ ᓱᓕ. ᑕᑯᓐᓈᐸᑦᓱᓕ ᓗᐃᓴ ᒍᐊᑦᒥᑦ, ᐊᓈᓇᒋᓚᐅᔪᔭᒥᓂ. ᓂᕈᒥᐊᕌᐱᓐᓂᑦ, ᐅᒃᐱᖑᐊᓂ ᕿᓯᔭᓐᓂᑦ, ᖃᓪᓕᓂᓕᐅᓲᖑᑦᓱᓂᒐᓴ. “ᐊᓈᓇᒐ ᓂᑦᓯᑲᑦᑕᑕᒥᓂ ᕿᒣᓚᐅᕐᑐᑐᐊᕐᒪ, ᓂᑦᓯᑲᑦᑕᓚᐅᕐᑐᖃᑦᑕᓯᒪᔪᖓ. ᐲᔭᐃᒋᐊᖃᓚᕿᖃᑦᑕᓯᒪᔪ ᐋᕐᕿᒋᐊᕆᑦᓱᓂ, ᐱᒋᐅᕐᓴᓕᑌᓐᓇᓯᒪᒐᒪ.” ᐋᓂ ᐊᓈᓇᒥᓄ ᑲᑦᓱᙰᓕᓚᕿᓯᒪᔪ ᐊᓈᓇᒻᒥᓂ ᑕᑯᓐᓇᕙᑦᓱᓂ, ᐊᓯᒋᒻᒥᔭᖏ ᖃᓂᑕᖏᑦ ᑏᓯ ᓵᓐᑕᐅᓚᐅᔪᔪᖅ ᐊᔭᑯᓗᖓ ᐱᒋᐅᕐᐸᓕᐊᑎᑦᓯᓯᒪᓐᓂᒥᔪ ᐋᓂᒥᑦ, ᐃᕕᒐᓕᐅᖃᑦᑕᓯᒪᒻᒪᑦ. ᐋᓂ ᑭᖑᓂᐊᒍ ᐱᒋᐅᕐᓴᕚᓪᓗᓯᒪᒐᓗᐊᕐᑎᓗᒍ ᐃᕕᒐᓕᐅᕐᓂᒥᑦ. ᐅᓚᐱᕐᓴᐅᒐᓇᕆᐊᖓᓂ ᖃᐅᔨᓕᑌᓐᓇᓯᒪᔪ ᐃᕕᒐᓕᐅᕆᐊᒥᑦ ᓇᒻᒥᓂ ᐱᐅᔪᓕᐊᕆᑦᓱᒍ, ᐱᒋᐅᕐᓴᑎᑦᓯᔨᒐᓴᖓ, ᐃᓄᒻᒪᕆᐅᑦᓱᓂ ᐃᓕᓴᒋ ᑲᓐ, ᐃᕕᒐᓕᐅᕆᕐᓴᑎᔨᒋᓯᒪᔭᖓ, ᐊᒥᓲᒍᓐᓀᒪᑕ ᐃᕕᒐᓕᐅᕈᓐᓇᑐᐃᑦ ᐃᓄᑐᐃᓐᓀ ᐃᓅᓯᖏᑎᒍ ᐱᐅᓯᐅᐸᓚᐅᕐᑎᓗᒍ ᓴᓇᐅᒐᕆᐊᒥᑦ, ᓴᓇᖕᖑᐊᖃᑦᑕᕈᓐᓀᓚᐅᕐᑐᓯᒪᔪ ᐸᓂᖓ ᓴᓇᖕᖑᐊᖃᑦᑕᓕᑐᐊᕐᒪ ᔫᓕ ᑯᕆᓀ. ᐋᓂ ᑲᑦᓱᙰᓪᓕᒋᐊᓪ ᓛᑎᑕᐅᓯᒪᔪ ᑕᑯᑦᓴᐅᓱᑎᓗ ᐱᔭᕆᐊᑐᓂᕐᓭᑦ ᑭᓯᐊᓂ ᑭᓇᐅᓂᑦᑎᓂ ᓱᕐᖁᐃᓯᒋᐊᓪᓚᓇᕐᓱᑎᑦ. ᐱᔭᕇᖕᖏᓂᓕᒫᒥᓂ ᒥᕐᓱᓲ ᓴᓇᖕᖑᐊᓱᓂᓪᓗᓃᑦ ᕿᑲᓚᐅᕐᑐᖃᑦᑕᕋᓗᐊᕐᓱᓂ ᐱᔭᕇᖕᖏᓂᓕᒫᒥᓂ.
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ᐋᓂ ᐃᓚᐅᓯᒪᔪ 2025-ᖑᑎᓪᓗᒍ ᓴᓇᖕᖑᐊᑏᑦ ᖃᐅᔪᒃᑯᓂ (WAG) ᓄᓇᕕᒻᒥᐅᑦ ᐃᓚᐅᒥᑎᓪᓗᒋᖅ. ᐊᓕᐊᓇᕐᑐᒥᑦᓯᒪᔪ, ᓂᐅᕐᖁᓯᕐᓱᓂ ᓴᓇᖕᖑᐊᓯᒪᔭᓕᒫᑲᓴᑦᓯᐊᒥᓂ ᑕᑯᓐᓇᐅᔮᕐᕕᐅᓲᒐᓭ ᓂᐅᕕᕐᒥᓱᑎᑦ ᓂᐅᕕᕐᓂᐊᕕᒻᒥ ᐊᑐᐃᓐᓇᐅᓕᕐᓱᑎᑦ. ᐋᓂ ᐃᓚᐅᓯᒪᒻᒥᓱᓂ KWE! ᓄᓇᖃᕐᖄᓯᒪᓂᕋᕐᑕᐅᔪᓂ ᓱᖃᑦᓯᓂᕐᑕᖃᕐᑎᓗᒋ ᑯᐯ ᓯᑎᒥᑦ ᔫᓂᐅᑎᓪᓗᒍ, ᑕᑯᓐᓇᑎᑦᓯᒍᓐᓇᓯᓚᕿᑦᓱᓂ ᖃᓄ ᓴᓇᔭᖑᓲᖑᒻᒪᖔᑕ ᐱᓕᐊᖏᑦ ᑲᖐᓱᐊᒋᔭᐹᓗᑦᓱᓂ. ᐊᐱᒋᔭᐹᓗᖃᑦᑕᓚᐅᔪᔪ ᒥᕐᓱᓂᖓ ᐅᒥᒻᒪᓴᔭᒥᑦ. ᓴᓇᖃᑦᑕᓯᒪᓕᕐᑕᖏ ᖃᕆᑕᐅᔭᕐᑎᒍ ᑕᑯᑦᓴᐅᒍᓐᓇᓲᑦ ᓯᓚᑎᖓ @anniewattgrenier Instagram-ᒥᑦ ᑲᔪᓯᓚᖓᖏᓐᓈᓱᓂᓗ ᐱᓇᓱᐊᓲᒥᓂ ᐱᓕᐊᒥᓂ ᐱᐅᓯᕙᓪᓕᐊᑐᐃᓐᓇᓭᓐᓇᒪᑕ ᐃᓚᐅᕙᓪᓗᓂᓗ ᓱᖃᑦᓯᔪ ᑲᑎᓕᕐᒥᐸᑕ.

Annie Grenier is a multidisciplinary artist based in Kuujjuaq and Montreal. She was young in Kuujjuaq when she first started crafting. She learned through watching Louisa Watt, her mother. craft all sorts of items such as sachets, seal skin ookpiit (owl plushies) and tukautiit(slippers). “When my mother would look away from her crocheting, I would sneak in some lines of crochet. She would have to undo them, because of how amateur they were.” Annie was primarily inspired by her mother to start crafting her art, but other people that surrounded her like her aunt Daisy Saunders was also a part of Annie’s growth in her art journey, who made ivigaq baskets. Although it was only years after did Annie start learning on how to make Ivigaq baskets, it was at this point that she realized how satisfying it was to be able to make your own creative designs. as well as her mentor, an elder named Elisapie Gunn, who taught her on how to make baskets, a discipline that has very few makers today but used to be important in the Inuit way of living. But she took a break from crafting for some time until her daughter. Julie Grenier. started crafting her own art pieces. Annie was inspired to return to creating art again showing that making art is a journey that could bring very intense creative periods and slower ones, but it remains part of who you are. She usually works on her art pieces until the piece is done or until her life forces her to take a break from crafting.
Annie prefers to work with natural materials like qiviut (muskox wool) and ivigaq (grass basket) to craft with. Since the introduction of umingmak (muskox) in Nunavik in the 80s, Nunavimmiut has been gradually introducing it in it’s cultural practices; hunting and eating the meat as well as using parts for craft and learning how to make qiviut (wool) out of it’s fur. This is a long and hard process many fellow artists like Christine Nakoolak or Hannah Tooktoo are learning right now and that will give autonomy – medium cost of a skein of qiviut yarn in Canada is $150 – and uniqueness to craft makers in Nunavik. Annie is one of those talented artists that creates magic out of this material. Her attachment to local natural material also translates in her use of ivigaq for basket making and earing collections, keeping alive this Inuit tradition.
Annie participated in the 2025 CRAFTED event at Qaumajuq (WAG) with the Nunavik delegation. She had a great time, sold most of her products and even the museum had bought some of her crafts available at the store. Annie also participated in this year edition of KWE! Meet with Indigenous People festival in Quebec City in June, where she had the opportunity to demonstrate her skills for a curious crowd. A lot of people were asking about her process of sewing with muskox. Her work is often available through her social media @anniewattgrenier on Instagram and she is planning on continuing to refine her craft and share in other events.

ᐊᓪᓚᑐᖅ | Texte de | Text by: Leo-Paul Ohaituk

ᐱᔭᑦᓴᓯᐊᖁᑎᖓ / Projet spécial / Special Project