2019 UNESCO-ᒧᑦ ᓇᓗᓀᕐᑕᐅᓚᕆᑦᓯᒪᔪᑦ ᓄᓇᖃᕐᖄᑐᕕᓃᑦ ᐅᖃᐅᓯᖏᑦᑕ ᐊᕐᕌᒍᒋᓚᖓᔭᖓᓂ. ᐊᐅᒫᒡᒋᕕᒃ, ᓄᓇᕕᒻᒥ ᑕᑯᒥᓇᕐᑐᓕᐅᕐᓂᓄᑦ ᑕᑯᓐᓇᐅᔮᕐᑎᓯᔨᓄᑦ ᑐᓴᕐᓂᔮᕐᑎᓯᔨᓄᑦ ᑭᒡᒐᑐᕐᕕᒃ, ᑖᑦᓱᒥᖓ ᐱᒻᒪᕆᒻᒥᒃ ᑕᑯᑦᓴᖑᕐᑎᓯᓪᓚᕆᒋᐊᕐᓗᓂ, ᕿᒥᕐᕈᑎᑦᓯᓂᖃᓛᕐᑐᖅ ᐱᓇᓱᐊᕐᓯᒪᔭᖏᓐᓂᒃ ᑕᑯᒥᓇᕐᑐᓕᐅᕐᑏᑦ ᐃᓄᑦᑎᑐᑦ ᐃᒻᒥᓂᒃ ᑐᓴᕐᓴᐅᑎᑦᓯᒍᑎᖃᕐᑎᓗᒋᑦ. ᑕᑯᒥᓇᕐᑐᓕᐅᕐᓂᖅ ᕿᑎᖓᓃᑦᑎᓚᕆᐅᒻᒪᑦ ᐊᕕᖃᑎᒌᒍᑎᐅᒍᓐᓇᑐᑦ ᐊᒻᒪᓗ ᐱᐅᓕᑦᓯᒋᐊᕐᓂᓄᑦ ᓄᓇᖃᕐᖄᑐᕕᓃᑦ ᐅᖃᐅᓯᖏᓐᓂᒃ, ᑐᓴᕐᑕᐅᑎᓗᒋᓪᓗ ᐊᓯᐅᕙᓪᓕᐊᓕᕐᓂᖏᑦ ᐊᒻᒪᓗ ᓂᐱᖃᕐᑎᓯᓂᐅᒋᐊᓕᒻᒥᒃ ᑕᑯᔭᐅᑎᑦᓯᓗᑎᒃ ᓯᓚᕐᔪᐊᒥᐅᓄᑦ. ᑖᓐᓇ ᑕᑯᑦᓴᐅᑎᑦᓯᕕᐅᔪᖅ ᐃᓚᐅᑎᑦᓯᓚᖓᔪᖅ ᑕᕝᕙᓂ ᐊᕐᕌᒍᒥ ᑕᑕᒥᓐᓇᑐᓂᒃ ᑕᑯᒥᓇᕐᑐᓕᐅᕐᓃᑦ ᖃᓄᐃᓕᖓᑎᑕᐅᓂᖏᓐᓂᒃ ᐅᕙᑦᑎᓄᑦ ᑕᑯᔭᐅᑎᑦᓯᒍᓐᓇᐅᑕᐅᓗᓂ ᓯᓚᕐᔪᐊᒥᐅᓂᒃ ᖃᓄᐃᓕᒍᑎᖃᓲᒍᓂᖏᓐᓄᑦ ᐱᓪᓚᕆᑦᑐᑦ ᑐᓴᕐᓴᐅᑎᑕᐅᑎᓪᓗᒋᑦ. ᐃᓄᑦᑎᑐᑦ ᐅᖃᐅᓯᐅᕗᖅ ᐊᓐᓂᓇᓪᓚᕆᑦᓱᓂ ᑕᑯᒥᓇᕐᑐᓕᐅᕐᑎᓂᒃ ᐃᓱᒪᒋᔭᒥᓂᒃ ᐱᔪᓐᓇᓂᕐᒥᑎᒍᑦ ᑕᑯᔭᐅᑎᑦᓯᒍᓐᓇᓯᕕᒋᓗᒍ ᑲᔪᓯᖕᖏᐸᑦ ᑌᒣᕐᖃᔭᕋᔭᑦᔭᒐᑎᒃ.

L’UNESCO proclame 2019 comme L’Année internationale des langues autochtones. Dans le cadre de cet événement important, Aumaaggiivik le Secrétariat des arts du Nunavik, souhaite mettre en valeur chaque mois le travail d’un artiste qui crée, s’exprime, en Inuktitut. Les arts seront toujours au cœur du partage et de la préservation des langues autochtones, mettant en évidence le fait que leur disparition rendrait invisible pour l’humanité des voix nécessaires. Ce site partage à la foi des œuvres magnifiques, fascinantes et qui donne à voir une vision du monde qui répond à une réalité humaine bien spécifique. L’Inuktitut est une langue d’expression extrêmement riche avec laquelle des artistes arrivent à exprimer des choses qu’ils ne pourraient dire autrement.

UNESCO declared 2019 the Year of Indigenous languages. Aumaaggiivik, Nunavik Arts Secretariat, will joint this significant event by showcasing Nunavik artists that use Inuktitut in their art. Art is upfront and central to sharing and preserving Indigenous languages for humanity; it inspires awareness and develops new perceptions on worldviews often unheard and invisible. Inuktitut is a rich language that represents cultural identity and perceptions for Inuit artists who could not express their art otherwise. Over the next year this site will disseminate fascinating artistic approaches and connect us with contemporary Inuit realities and dreams.

Panel 1

ᓄᕐᕋᓕᐅᑦ | Mai | May

ᓗᑲᓯ ᐃᖃᓗᒃ Lucassie Echalook

ᓘᑲᓯ ᐃᖃᓗᒃ ᐃᓄᑦᔪᐊᒥᐅᔭᐅᑦᓱᓂ, ᑕᓯᐅᔭᕐᔪᐊᑉ ᑕᓯᖓᑕ ᓂᒡᒋᖓᓃᑦᑐᒥ, ᐃᓄᒻᒪᕆᐅᕗᖅ ᓴᓇᐅᒐᓲᒍᑦᓱᓂ. ᐅᓂᒃᑳᓕᐅᕐᓯᒪᑦᓱᒋᑦ ᓴᓇᐅᒐᕐᑕᕕᓂᖏᑦ ᑕᑯᑎᑦᓯᔪᑦ ᑌᑦᓱᒪᓂᒋᐊᖅ ᖃᒻᒥᓂᑕᒻᒪᕆᐊᓗᐃᑦ ᖃᓪᓗᓈᓕᕐᑌᑦ ᑎᑭᑉᐸᓕᐊᓕᕐᑎᓗᒋᑦ ᐃᓄᐃᑦ ᓄᓇᕕᒻᒥᐅᑦ ᓄᓇᓕᖏᓐᓄᑦ. ᓘᑲᓯ ᖃᐅᔨᒻᒫᕆᔭᐅᑦᓯᐊᑐᖅ ᐃᓄᐃᑦ ᐱᐅᓯᑐᖃᖓᓂᒃ ᑎᒍᒥᐊᕐᑎᓚᕆᐅᒋᐊᖓ. ᑌᒣᒻᒪᑦ ᓴᓇᐅᒐᒍᒪᕙᓪᓗᓲᖅ ᐱᐅᓯᑐᖃᕐᑎᒎᕐᑐᕕᓂᕐᓂᒃ ᐅᓪᓗᒥᓗ ᐃᓅᓯᐅᓕᕐᑐᒥᒃ; ᓱᒐᓗᑦᑐᖅ ᐊᕐᓇᓂᒃ ᐅᐱᓐᓇᕋᓂ ᐃᓅᓯᓕᒫᒥᓂ ᐱᓇᓱᐊᓗᑳᑉᐸᑎᓗᒋᑦ ᑕᑯᓐᓇᖃᑦᑕᓯᒪᒐᒥᒋᑦ. ᐅᓂᒃᑳᑐᐊᑐᖃᕐᒦᑐᓂᒃ ᓴᓇᐅᒐᓲᒍᒻᒥᔪᖅ, ᐆᒪᔪᐃᑦ ᐱᐅᓯᖏᑦᑕ ᖃᐅᔨᒪᔭᐅᑦᔪᓯᖏᓐᓂᒃ ᐃᓅᕕᒻᒥᓂ ᓄᓇᓕᖓᑕᓗ ᐃᓅᖃᑎᒌᓐᓂᑯᑦ ᐱᓇᓱᐊᖃᑎᒌᑉᐸᓂᖏᓐᓂᒃ. ᓘᑲᓯᐅᑉ ᓴᓇᐅᒐᓲᖏᑦ ᐊᔪᒉᑦᑐᖑᐊᖑᒍᑎᖃᕐᐳᑦ, ᑕᒪᓐᓇᓗ ᐅᕙᒍᑦ ᐱᑦᔪᑎᒋᓯᒪᑦᓱᒍ ᓴᓇᐅᒐᕐᑕᕕᖏᓐᓂᒃ ᑕᑯᑦᓴᐅᑎᑦᓯᒍᒪᓚᕿᑦᓱᑕ UNESCO ᐊᕐᕌᒍᖃᕐᑎᓯᓂᖓᓄᑦ ᓄᓇᓕᑐᙯᑦ ᐅᖃᐅᓯᖏᓐᓄᑦ, ᓘᑲᓯ ᓴᓇᐅᒐᒌᑐᐊᕋᒥ, ᓴᓇᐅᒐᕐᑕᒥᑕ ᐊᑖᖓᓂ ᐅᓂᒃᑳᓕᐅᓲᒍᒻᒪᑦ. ᐊᕐᕌᒎᖃᑦᑕᓚᐅᔪᔪᓂ ᐊᕙᑎᓗ ᖁᓕᓪᓘᓂ, ᓴᓇᐅᒐᕐᑕᕕᓂᖏᑦ ᓂᐅᕕᐊᕆᔭᐅᕙᑦᑐᑦ ᑕᑯᑦᓴᐅᑎᑕᐅᕙᑦᓱᑎᓗ ᐊᒥᐊᔨᑲᐅᑉ ᑕᕐᕋᖓᓂ, ᐅᐃᒍᐃᑦ ᓄᓇᖓᓂ ᑕᕆᐅᑉ ᐊᑭᐊᓂ, ᑯᔨᐊᒥᓗ (ᓭᓃᓯᑦᓴᔦᑦ ᓄᓇᖓᓂ).
ᓘᑲᓯᒧᑦ ᐱᒻᒪᕆᐅᕗᖅ ᕿᒻᒪᕆᑦᔪᑎᓕᐅᕈᓂ ᐃᓄᐃᑦ ᐱᐅᓯᑐᖃᖓᓂᒃ ᐅᓪᓗᒥᓗ ᐅᕕᒐᕐᓂᓴᐅᓕᕐᑐᑦ ᐃᓪᓕᕆᔭᖏᓐᓂᒃ. ᓘᑲᓯ ᐅᖃᕐᑐᖅ ᐅᓪᓗᒥᓂᑌᑦ ᐱᐅᑏᑦ, ᐆᑦᑑᑎᒋᓗᒋᑦ ᓯᑭᑑᑦ ᓴᓇᐅᒐᕐᓂᓗ ᓴᓇᕐᕈᑏᑦ, ᐊᑑᑎᓕᒻᒪᕆᐊᓘᒻᒪᑕ  ᑭᓯᐊᓂᓗᑦᑕᐅᖅ ᑲᑉᐱᐊᓇᕐᑐᒨᕐᓯᒍᓐᓇᓱᑎᒃ ᐅᖑᒪᔭᐅᓂᖓᓂᒃ ᐃᓄᐃᑦ ᖃᐅᔨᒪᐅᓯᖓᑕ, ᑌᒣᒻᒪᓗ ᐅᖃᐅᓯᖓᓂᒃ ᓱᓇᓕᒫᑦ ᖃᓪᓗᓈᑎᑑᓕᕐᒪᑕ. ᐊᑕᐅᓯᑐᐃᓐᓇᑐᒥᒃ ᐅᖃᐅᓯᖃᕋᒥ, ᐱᓂᐊᕐᓂᖃᖃᑕᐅᓕᑐᐊᕋᒥ, ᐃᓅᖃᑎᓕᒫᖏᑦ ᐃᓄᒃᑎᑑᑐᐃᓐᓇᓲᑦ. ᓘᑲᓯ ᐃᓱᒪᒋᔭᓕᒃ ᐱᐅᓂᕐᓴᐅᖂᕐᒪᑦ ᐅᕕᒐᕐᑐᐃᑦ ᖃᖓᑐᐃᓐᓇᓯᐊᖅ ᐃᓄᒃᑎᑑᕐᑐᓯᐊᕌᓘᕙᓪᓗᑎᒃ.

Lucassie Echalook est un sculpteur aîné de la communauté d’Inukjuak située sur la côte ouest du Nunavik. Par ses œuvres narratives, il témoigne de l’avènement de la modernité chez les Inuits du Nunavik. Lucassie est connu comme un porteur de la tradition inuite ainsi, pour ses sculptures, il s’inspire à la fois du mode de vie traditionnel et des influences de la vie moderne, surtout chez les femmes qu’il a passé beaucoup de temps à observer. On retrouve dans son travail artistique d’autres sources, tels que les contes inuits traditionnels, des connaissances sur la faune et la flore de sa région ainsi que les particularités de sa communauté. Ce qui distingue les œuvres de Lucassie, et qui nous incite à le partager dans le cadre de l’Année internationale des langues autochtones de l’UNESCO, c’est qu’une fois ses sculptures complétées, dessous, il y grave l’histoire ou une description de son œuvre. Durant les trente dernières années, ses sculptures furent largement montrées et acquises en Amérique du Nord, en France et en Corée.
Pour Lucassie, il est important de transmettre les façons de faire et les valeurs traditionnelles aux plus jeunes générations. Il dit que les outils amenés par la modernité peuvent être utiles et pratiques, tels que les outils pour la sculpture et la motoneige, mais ils ont également un impact négatif car ils entraînent la perte des connaissances traditionnelles inuites et, par conséquent, de la langue puisque tout est dominé par la langue anglaise. Étant unilingue inuitophone, lorsqu’il est présent lors d’évènements, les personnes qui l’entourent parlent en inuktitut. Il croit que c’est beaucoup mieux si les jeunes utilisent la langue en tout temps car, selon lui, la beauté de la langue inuite est de la parler.

Lucassie Echalook is an elder and sculptor from the community of Inukjuak, located on the West coast of Nunavik. His narrative works reflect the advent of modernity among the Inuit of Nunavik. Lucassie is known as keeper of the Inuit culture. Thus, what inspires him for his sculptures are the traditional and modern way of life; especially of women he has spent a lot of time observing. He also expresses the stories told traditionally, the knowledge of the wild life where he lived and the social life of his community. One of the peculiarities of Lucassie’s sculptures, and why we chose to show his sculptures during the UNESCO International Year of Indigenous Languages, is because once he finishes a work, he uses to engrave the story or a description of his work underneath. During the last thirty years, his work has been bought and shown in North America, France and Korea.
It is important for him to pass on traditional ways and values to younger generations. He says that the tools brought by modernity, like skidoos and sculpting tools, can be useful but also a threat to the protection of Inuit knowledge, and consequently the language because everything is in English. Being monolingual, when he’s attending events, people around him speak in Inuktitut for him. He thinks it would be better if the youth speaks it at any time because the beauty of the Inuit language is to speak it. 

ᑕᓇ ᓇᓄ ᐱᔪ ᓇᓯᐊᑐ ᓇᓂᑐᐃᓇᒐᓗᐊᐸ. ᐊᑯᓂᐊᓗ/ ᐊᐅᔭᒥ ᐃᒪᒥᓱ ᐱᔪᑎᑲᓱ ᑯᑭᒥᓂ ᓄᓇᒥᒋᐊᒥ/ ᐊᓂᒍᓱᑲᒥ ᓄᓇᑯᓗ ᐱᓱᒋᐊᒥ ᐃᑕᒐᒋ/ ᐊᓂᓱᒍᒪᑕ. ᐅᑭᒥ ᐱᓱᒋᐊ ᐊᓂᐊᑐᒐᓗ ᑕᓇ ᓇᓄ ᓯᕗᓕᐸᒥ/ ᓄᓇᒧᑐ ᐊᑯᓂᐊᓗ ᐃᒪᒥᓚᕋᒥ ᑭᕕᐊᑐ ᓇᑯᒥᓱᓂᓗ ᓄᓇᒥᑲᑕᓂ/ ᓕᒥᒐᒥ

L’artiste a gravé en syllabiques (en inuktitut) directement sur la base de l’oeuvre ses commentaires personnels : « L’ours blanc a la capacité de survivre n’importe où. En été, il reste dans l’eau pendant de longues périodes parce que ses ongles le blessent lorsqu’il marche sur le sol. Il préfère marcher en hiver.
Cet ours blanc retourne sur le territoire après avoir séjourné longtemps dans l’eau. Il tourne la tête en remerciant le fait de pouvoir revenir à nouveau sur la terre ferme. » (Traduction libre)

In this work, the artist has engraved in syllabic (in inuktitut) his personal commentary directly on the base:
“the polar bear has the ability to survive no matter where he is. in summer, he remains in the water for long periods because his nails hurt when he walks on the land. he prefers walking in winter. this polar bear is returning to the land after a long time spent in the water. he turns his head and gives thanks to be able to go on firm ground again.” (free translation)
ᑕᓇ ᐊᓇ ᐃᓂᐊᐱᒥᓂ ᐊᒪᑐ ᑕᓇ ᐊᓇ ᓱᓇᓕᒪᓂ ᐱᓇᓱᐊᓱ ᐊᒍᑎ ᐱᓇᓱᐊᓱᒋᓂ ᑲᓄᐃᑐᑐᐃᓇᓂ ᐱᒍᓇᓯᐊᕋᒥ ᓇᓯᐅ ᑭᓯᒐᓂ ᐊᕙᑕᓕᐅᑐ ᐱᓇᓱᐊᓚᓱᒍ ᐳᕕᓯᓕᑐ ᐅᒪᔪᓂ ᐊᒋᔪᓂ ᐊᑐᓚᕋᒥᐅ ᑕᐃᒪ ᑐᑭᓕ ᑭᓇᑐᐃᓇᒧᓗ ᐊᑐᑕᒍᓇᓱᓂ ᑕᓇ ᐊᕙᑕ ᑲᓄᑐᐃᓇᓕᒪ ᐊᑐᑕᓱ ᐊᒥᓱᐊᓗᓂ ᐊᑐᑎᓕ ᑕᓇ ᑕᐃᒪ ᑐᑭᓕ ᓇᑯᒥ ᑐᑭᓯᑐᐊᕈᕕ

Cette femme porte son bébé sur son dos. Elle peut tout faire, même le travail d’un homme, car elle est très douée. Elle 
construit un flotteur (avataq) en peau de phoque sur lequel elle va travailler dans quelques jours. Elle souffle de l’air dans l’avataqet elle va l’utiliser pour de grosses prises plus tard. Voici la signification de cette sculpture. Aussi, n’importe qui peut utiliser l’avataq, car il peut être utilisé pour plusieurs choses. Si vous me comprenez, merci.

This woman is carrying her baby son on her back. She can work on everything and anything, even a man’s job, because she is very capable. She is making a float (avataq) out of sealskin which she will work on in a few days. She is blowing air into the avataqas she will use it to catch bigger game later. That is what the carving means. Also, anybody can use an avataqas it can be used for many other purposes. If you understand, thank you.
ᑕᓇᑕᒐ ᐅᓂᑲᑐᐊ ᐊᑯᓂᑕᓗ _ ᑕᐃᔭᒍᓯᒐ ᓗᒪᒥ ᐃᓂᒥᓄ ᐊᓱᓇᒧ ᑭᑎᒥᒍ ᑭᓚᓯᒪᑎᓗᒍ ᑭᓚᓗᒐᒧ ᐅᓂᐊᑕᓯᔪᕕᓂ ᑌᐃᒪ ᑭᓚᓗᒐᓂ ᒪᓕᑐᐃᓇᓯᔪᕕᓂ ᑌᐃᒪ ᑕᑯᐊ ᑭᓚᓗᒐᐃ ᐊᑯᓂᐊᓗ ᑭᓚᓗᒐᓕᑐᕕᓂ ᑕᑯᓴᕙᑐᕕᓂ ᓇᓂᑐᐃᓇ ᐊᑎᑲᓕᓱᑎ ᓗᒪᑯᓂ ᑕᓇ ᓗᒪᒥ ᐊᑎᑲᓕᑐᕕᓂ ᑕᐃᔭᓂᒐ ᑕᓇ ᑕᐃᒪ ᑐᑭᓕ ᓗᒪᒥ ᐊᑎᓕ

C’est une très vieille légende. C’est à propos d’une femme appelée Lumaaq et dans cette légende, son fils l’enroule à la taille dans une corde et l’attache à un béluga qui l’emporte. Donc, Lumaaq se met à suivre les bélugas qui sont restés bélugas pendant longtemps. Ils pouvaient être vus partout et se sont éventuellement fait appeler les Lumaaqs. C’est pour cette raison que cette femme se fait appeler Lumaaq. C’est ce que représente cette sculpture : une légende appelée Lumaaq.

This is a very old legend. It is about a woman called Lumaaq, where her son took a rope and tied her waist to a beluga and the whale dragged her away. So, Lumaaq ended up following belugas and they stayed belugas for a very long time. They would be seen everywhere and eventually got named the Lumaaqs. That is why this woman was named Lumaaq. That is what the carving represents: a legend called Lumaaq.
ᑕᑯᐊ ᐊᒍᑎᓗ ᐊᓇᓗ ᐊᐃᐸᕆ ᑕᐃᒪᑲᑕ ᑕᐃᓱᒪᓂ ᐃᓄ ᑭᓇᑐᐃᓇ ᑭᒍᑎᒥᒍ ᐊᓂᐊᓕᑐᐊᒪ ᐃᕙᓗᒧ ᑭᒍᑎᒐ ᑭᓚᓱᒍ ᐱᑕᑲᑕᓚᑐ ᐅᕙᒐᓚ ᑕᐃᒪᑐᑲᓚᐅᒥᓱᒐ ᐅᕙᒐᓗ ᐅᓗᒥᒧ ᑕᐃᒪᒍᓇᑐᒐ ᑭᓇᑐᐃᓇ ᑭᒍᑎᒥᒍ ᐊᓂᐊᓕᑐᐊᐸ ᑭᒍᑎᒐ ᐊᐅᓚᓗᓂ ᐱᑐᐃᓇᕆᐸᓕᒐ ᑕᐃᒪ ᑐᑭᓕ ᑕᐃᒪ ᐱᑕᒐᒥ ᐊᓂᐊᓂᒍᓇᒥ ᑕᐃᒪᓱ ᐊᓂᐊᓯᐅᑎ ᑲᒪᒋᑲᓗᐊᐸ ᑕᐃᒪ ᑕᓇ ᑐᑭᓕ

Cet homme et cette femme sont mariés. Et dans le temps, ça se passait comme ça. Quand quelqu’un avait mal aux dents, la dent était attachée à un fil de tendon et ensuite, arrachée. J’ai connu ça. Je pourrais moi-même arracher une dent branlante. Voici ce que ça signifie. Une fois la dent enlevée, la douleur s’en va. Ça peut se faire sans même l’aide d’une infirmière. C’est ce que cette sculpture signifie. 

This man and woman are married. We were like that back then. When someone had a toothache, that tooth would be tied to a sinew thread and pulled out. Even I went through that, and I can even pull out someone’s bad tooth if it was loose. That is what it means. After the bad tooth has been pulled out, the pain goes away. That is what happens even if a nurse is not involved. That is what this carving means.
ᑕᓇ ᑕᑯᐊ ᐊᒍᑎᓗ ᐊᓇᓗ ᐃᒪᐃᑐᒥ ᑐᑭᓕ ᑕᓇ ᐊᒍᑎ ᑕᓱᒥᒐ ᐊᓇᐱᒥ ᐊᓇᑕᕈᒪᔪ ᑭᓯᐊᓂ ᑕᓇ ᐊᓇᐱ ᑕᓱᒥᒐ ᐊᒍᑎᒥ ᓇᕈᔪ ᐅᒥᕆᑐᐊᓗᒪ ᑯᓂᓗᐊᓱᓂᓗ ᐅᑯᒪᓗᕈᓇᒪ ᑌᐃᒪ ᑐᑭᓕ

Voici un homme et une femme. L’histoire derrière cette sculpture est que l’homme veut marier cette belle femme, mais la femme le trouve repoussant, trop massif pour elle, trop gros, trop barbu. C’est ce que cette sculpture signifie. 

Here is a man and a woman, and the story of the carving is: the man wants to wed this beautiful woman, but the woman finds him repulsive. He has too much beard and is too fat and looks too heavy for her. That is what the carving means.
ᑕᑯᐊ ᑭᑐᒐᕆ ᒪᑲᓱᑎ ᐃᓂᒐ ᑯᓱᓕᒪ ᓄᑲᓱᑎ ᐊᑕᑕᒥᓄᑦ ᐱᑕᑲᓱᑐ ᐊᓇᓇᒐ ᐅᒪᔪᒥ ᑕᑯᓇᓕᑐ ᓱᓇᒥᑭᐊ ᐅᒐᓯᑐᒪ ᓱᓇᒪᒐ ᓱᑯᐃᓇᒍ ᐊᐃᓚᒐᓕᑐ ᐱᓱᓯᑐᕈᑎ ᑌᐃᒪ ᑐᑭᓕ

Cette famille marche pour aller chasser. Comme le garçon doit se soulager, les membres de cette famille doivent s’arrêter. Le père descend son fils des épaules de sa mère. La mère est en train de regarder un animal qu’elle ne peut pas identifier, car il est trop loin. Quand ils se remettront à marcher, ils iront en direction de l’animal. Voici la signification de la sculpture.

This family is walking to go hunting. Because the boy had to relieve himself, they had to stop on their journey. The father takes his son off his mother’s back. The mother is looking at an animal she can’t quite define since it is too far away. When they start walking again, they will head towards the animal. That is what the carving means.

Nunavik Art Alive
Inuit At Foundation

ᐊᑦᔨᓕᐊᕕᓂᕐᒥᓂᒃ ᐊᑐᕐᑕᐅᑎᑦᓯᓯᒪᔪᑦ / Crédits photos / Photos credits: Marie-Christine Couture

Panel 2

ᑎᕆᓪᓗᓕᐅᑦ | Avril | April

ᒥᐊᔨ  ᐸᓂᖓᔭᒃ Mary Paningajak

ᒥᐊᔨ ᑕᑯᒥᓇᕐᑐᓕᐅᕐᑎ ᐱᕈᕐᓴᑕᐅᓯᒪᑦᓱᓂ ᐊᑖᑕᒥᓄᑦ, ᑏᕕ ᐸᓂᖓᔭᒧᑦ, ᓴᓇᐅᒐᕐᑎᐅᓯᒪᔪᒧᑦ ᐊᒻᒪᓗ ᓴᓇᕐᕈᑎᓕᐅᕐᑎᐅᓱᓂ ᐃᕗᔨᕕᒻᒥ, ᑯᐯᑉ ᖁᓛᓂ. ᑕᑯᒥᓇᕐᑐᓕᐅᕐᑎᐅᓱᓂ ᐊᑖᑕᒥᑎᑐᑦ, ᑕᑯᒥᓇᕐᑐᓕᐅᕐᓱᓂ ᐃᑭᒥᓂᒃ ᒪᒣᓭᓲᖅ. ᐊᓈᓇᖃᑦᔭᒐᓂ ᐱᕈᕐᓴᓯᒪᔪᖅ, ᐊᖓᔪᖓᓗ ᐃᒻᒥᓂᕿᑦᓱᑎᒃ ᐊᓐᓄᕌᓕᐅᕆᐅᕐᑐᕕᓃᒃ ᐃᒻᒥᓂ. ᐊᒥᓱᑦ ᐃᓄᐃᑦ ᑌᒣᓯᒪᒻᒪᑕ, ᒥᐊᔨ ᓴᓇᖕᖑᐊᕈᓐᓇᓯᓯᒪᔪᖅ ᑕᑯᓐᓇᑐᐃᓐᓇᓱᓂ ᑲᒃᑲᓛᒍᑦᓱᓂ ᓴᓇᒋᐅᕐᓴᐸᓐᓂᕋᒥ. ᑲᒃᑲᓛᒍᑦᓱᓂᒎᖅ ᑲᖕᖑᓱᑦᑕᑑᓐᓂᕋᒥ ᐊᓐᓄᕌᒃᑯᕕᒻᒥᑕ ᐃᓗᐊᓃᑦᓱᓂ ᓴᓇᖕᖑᐊᐸᑦᑐᕕᓂᖅ. ᐅᓪᓗᒥ, ᐊᑦᔨᒌᖕᖏᑐᓂᒃ ᒪᑭᕝᕕᑯᑦ ᐊᒻᒪᓗ ᐊᐅᒻᒫᒋᕝᕕᒃ ᑕᑯᒥᓇᕐᑐᓕᐅᕐᓂᓄᑦ ᑲᑎᒪᑎᑦᓯᓕᑐᐊᕐᒪᑕ ᐁᓲᒍᓕᕐᑐᖅ, ᐱᔪᓐᓇᓕᕐᓂᒥᓂᒃ ᑕᑯᑎᑦᓯᒍᓐᓇᐸᓕᕐᑐᖅ ᐊᒻᒪᓗ ᑕᑯᒥᓇᕐᑐᓕᐅᕐᑎᓚᕆᐅᓕᕐᓱᓂ.
ᒥᐊᔨ ᐃᓚᐅᓯᒪᔪᖅ ᑕᑯᒥᓇᕐᑐᓕᐅᕐᑎᓄᑦ ᑲᑎᒪᔪᓄᑦ ᐊᒻᒪᓗ ᓴᓇᖕᖑᐊᑎᓄᑦ ᐃᓕᓐᓂᐊᕆᐊᖃᑕᐅᓯᒪᑦᓱᓂ, ᐱᓗᐊᕐᑐᒥᒃ ᐅᓂᒃᑳᖑᐊᓕᐅᕐᑐᓂᒃ ᐊᓪᓚᖑᐊᕐᓱᒋᓪᓗ ᐅᓂᒃᑳᓕᐅᕐᓱᓂ ᓄᓇᕕᒻᒥ ᑐᓵᔭᐅᓲᓂᒃ. ᐊᑐᐊᕐᓯᖃᑦᑕᓱᓂ ᐊᒻᒪᓗ ᐊᓪᓚᖃᑦᑕᓱᓂ “ᖃᓂᐅᔮᑉᐯᑎᑐᑦ” (ᐃᓄᐃᑦ ᐊᓪᓚᒍᓯᖓ) ᐅᓂᒃᑳᓕᐅᕐᓱᓂ ᐃᑲᔪᕐᓯᔭᐅᓯᒪᔪᖅ ᐃᓄᑦᑎᑐᑦ ᖃᐅᔨᓕᐅᒥᒍᑎᖃᕐᓱᓂ ᐃᓕᓐᓂᐊᕈᒪᔪᓂᓪᓗ ᐃᑲᔪᕈᓐᓇᓕᕐᓱᓂ ᐅᖃᐅᓯᕐᒥᓂᒃ ᐱᕙᓪᓕᑎᑦᓯᒋᐊᕈᒪᔪᓂᒃ. ᒥᐊᔨ ᓚᓯᒪᔪᖅ: “ᐃᓄᑦᑎᑐᑦ ᐅᖃᐅᓯᖅ ᐃᓇᖁᓇᕐᓂᓕᒃ ᐊᓯᐅᖏᓐᓇᓯᒪᖕᖏᓇᒥ, ᐊᒻᒪᓗ ᐃᓄᐃᑦ ᐅᖃᐅᓯᖓ ᓈᒻᒪᓯᐊᕐᓱᓂ ᓄᓇᐅᑉ ᐊᔪᒉᑦᑑᓂᖓᓄᑦ”.
ᐱᓇᓱᐊᕐᓯᒪᔭᖏᑦ ᑕᑯᑦᓴᐅᓛᕐᑐᑦ ᐁᐸᔭᓕ 25-ᒥᑦ 28-ᒧᑦ Papier Fair-ᒥ ᒪᓐᑐᔨᐊᓚᒥ ᕿᒥᕐᕈᕕᒻᒥ Pat Feheley Gallery-ᐅᑉ ᑕᑯᑦᓴᐅᑎᑦᓯᕕᖓᓂ ᐃᓚᖃᕐᑎᓗᒋᑦ ᑕᑯᒥᓇᕐᑐᓕᐅᕐᑏᑦ ᓴᓇᔭᕕᓂᖏᓐᓂᒃ ᖁᒪᖅ ᐃᔦᑦᑐᖅ ᒪᖏᐅᑉ, ᐹᓴ ᒪᖏᐅᑉ ᐊᒻᒪᓗ ᓕᓐ ᐸᔅᑎᐊᑉ. ᓯᑕᒪ ᑕᑯᒥᓇᕐᑐᓕᐅᕐᑏᑦ ᐱᓇᓱᐊᖃᑎᒌᑉᐸᑐᑦ ᐃᕗᔨᕕᒻᒥ.

Mary Paningajak a grandi auprès de son père Tivi, à Ivujivik, dans l’extrême Nord du Québec. Tivi était non seulement un sculpteur réputé, il confectionnait aussi des outils traditionnels. Ayant grandi sans leur mère, Mary et sa sœur se sont initiées par elles-mêmes à la couture. Comme une grande majorité des Inuits, depuis son enfance, Mary a appris à confectionner et à fabriquer toutes sortes d’objets en observant les aînés. Elle raconte que lorsqu’elle était jeune fille, elle était gênée de créer, au point de se cacher dans sa garde-robe pour le faire. Aujourd’hui, après avoir suivi des ateliers offerts dans plusieurs disciplines artistiques par la Société Makivik et Aumaaggiivik, elle s’affirme en tant qu’artiste et s’investie dans les arts. Mary considère la pratique artistique comme une manière de soigner ses blessures.
Mary a participé à de nombreux ateliers d’art et même à des résidences d’artiste. Les ateliers de création de récits illustrés, lui ont fait découvrir comment raconter en images les histoires qui circulent au Nunavik. Elle dit que lire et écrire le qaniujarpait (l’écriture syllabique de l’inuktitut) dans ces livrets permet de partager et d’approfondir la connaissance de la langue inuite autant pour ceux et celles qui veulent l’apprendre que pour les personnes qui désirent améliorer la maîtrise de leur langue maternelle. Selon Mary, « Ce qui est beau avec l’inuktitut, c’est que la langue inuite a survécu et qu’elle est en parfaite connexion avec notre territoire ».
Les œuvres de Mary Paningajak seront exposées au kiosque de la galerie Pat Fehely à la Foire d’art contemporain Papier de Montréal du 25 au 28 avril prochain dans le cadre d’une collaboration réalisée avec les artistes Qumaq Iyaituk Mangiuk, Pasa Mangiuk et Lyne Bastien à Ivujivik.

Mary is an artist who grew up with her father, Tivi Paningajak, who was both a sculptor and toolmaker in Ivujivik, on the top of Quebec. Artist like her father, art is a way for her to heal her wounds. Having grown without her mother, she and her sister had to learn how to sew their own clothes by themselves. Like a large majority of Inuit, Mary learned how to make objects by watching the elders since her childhood. She said that as a child she was so shy that she would create art hidden in a closet. Now, after she had followed various Makivik art workshops, she is asserting herself and investing a lot in creation.
Mary participated in artist residencies and artist workshops, especially in story book making where she illustrated stories told in Nunavik. She says that reading and writing “qaniujarpait” (Inuktitut syllabics) in her story books help to improve the knowledge of Inuktitut for both those who would like to learn as well as those who would like to improve their language. According to Mary: “What is beautiful with Inuktitut is the fact that it has survived, and the Inuit language is in perfect connexion with the territory”.
Her work will be shown from April 25 to 28 at the Papier 2019 Contemporary Art Fair in Montreal at Pat Feheley Gallery’s boot along with the work of artists Qumaq Iyaituk Mangiuk, Pasa Mangiuk and Lyne Bastien. The four artists are developing a collaborative work in Ivujivik.

Papier Montréal
Mary Paningajak on Pat Feheley Gallery

Convergence Nord/Sud, Mary Paningajak, 2018

ᐊᑦᔨᓕᐊᕕᓂᕐᒥᓂᒃ ᐊᑐᕐᑕᐅᑎᑦᓯᓯᒪᔪᑦ / Crédits photos / Photos credits: Avataq

Panel 3

ᓇᑦᓯᐊᓕᐅᑦ | Mars | March

ᓵᓕ ᑮᓚᓐ Charlie Keelan

ᐊᕐᕌᒎᒃ ᒪᕐᕉᒃ ᓈᒻᒪᓃᒃ ᑕᒫᑦ ᐳᕕᕐᓂᑐᖅ ᐱᖕᖑᐊᓂᖃᕐᑎᓯᓲᖅ ᑲᑎᕕᐅᑦᓱᓂ ᓄᓇᓕᖓ ᑕᑯᓐᓇᐅᔮᕐᑎᓯᔨᓄᑦ ᐱᓯᒪᑦᓱᑎᒃ ᐊᒥᓱᓂᑦ ᐃᓄᐃᑦ ᓄᓇᖏᓐᓂᑦ ᐊᒻᒪᓗ ᐊᑦᔨᒌᖕᖏᑐᑦ ᐱᖕᖑᐊᕈᑕᐅᑦᓱᑎᒃ ᐱᓕᐅᑎᑎᑕᐅᑦᓱᑎᓪᓗ ᐆᑦᑑᑎᒋᓗᒍ ᐊᖏᕐᐹᒥᒃ ᐃᓄᑦᓱᓕᐅᕐᑐᑦ ᐅᕝᕙᓘᓐᓃᑦ ᓴᓇᐅᒐᕐᓯᑎᐅᓂᕐᐹᖅ. ᑕᕝᕙᓂ ᐊᕐᕌᒍᒥ, ᐃᖕᖏᑎ ᐊᒻᒪᓗ ᐃᖕᖏᕋᑦᓴᓂᒃ ᐊᓪᓚᑎᐅᑦᓱᓂ ᑭᓪᓕᓂᕐᒥᐅᒍᓯᒪᔪᖅ, ᖁᐊᖅᑕᒥᕙᓪᓗᖅ ᐊᒻᒪᓗ ᑲᖏᕐᓱᐊᓗᑦᔪᐊᒥᕙᓪᓗᖅ ᐱᕈᕐᓴᓯᒪᔪᖅ, “ᓵᓕ” ᑮᓚᓐ, ᐱᖕᖑᐊᕆᐊᕐᑐᓯᒪᖃᑕᐅᓛᕐᑐᖅ ᑖᑦᓱᒧᖓ ᓇᓂᓕᒫᖅ ᖃᐅᔨᒪᔭᐅᓕᕐᑐᒧᑦ ᐱᖕᖑᐊᓂᕐᒧᑦ. ᓵᓕ ᐊᐱᕐᓲᔭᕐᑕᐅᓚᐅᔫᖅ ᐊᐅᒻᒫᒋᕝᕕᒧᑦ ᐊᒻᒪᓗ ᐅᖃᐅᓯᖃᓚᐅᔪᑦᓱᓂ ᐅᐱᒪᓂᕐᒥᒃ, ᐅᖃᐅᓯᕐᒥᒃ ᐊᒻᒪᓗ ᑕᑯᒥᓇᕐᑐᓕᐅᕐᓂᒥᒃ ᑕᑯᓐᓇᐅᔮᕐᑎᓯᒍᑎᓂᓪᓗ.
“ᐃᓄᑦᑎᑐᑦ ᖃᓪᓗᓈᕐᑎᑐᓘᓐᓃᑦ ᐃᖕᖏᖑᐊᕋᑦᓴᒥᒃ ᐊᓪᓚᓂᖅ ᖃᓄᐃᓂᐊᕐᒪᖔᑦ ᑭᖑᓂᖓᒍᑦ ᑭᓯᐊᓂ ᖃᐅᔨᒪᓇᕐᑑᔮᕐᑐᖅ. ᑐᓴᕐᓂᔮᕐᑎᓯᒍᑎᒃ ᖃᓄᐃᓕᒍᒪᒻᒪᖔᑦ. ᖃᓄᖅ ᐃᑉᐱᒍᓱᒻᒪᖔᑦ, ᖃᓄᖅ ᓂᐱᖃᕐᒪᖔᑦ, ᑕᐅᕐᓰᑕᕐᓂᒥᒍᑦ. ᑭᓯᐊᓂ ᐃᓚᖓᓐᓂ ᖃᓪᓗᓈᕐᑎᑑᕐᖄᓯᒪᔪᑦ ᐃᓄᑦᑎᑑᕐᑐᖑᕐᑕᐅᓲᒍᒻᒥᔪᑦ ᐅᕝᕙᓘᓐᓃᑦ ᐃᓄᑦᑎᑑᕐᓯᒪᔪᑦ ᖃᓪᓗᓈᕐᑎᑑᕐᑐᖑᕐᑕᐅᓱᑎᒃ. […] ᓴᐱᖃᖕᖏᑐᖓ ᖃᓪᓗᓈᕐᑎᑑᕐᖄᓯᒪᔪᖅ. ᑖᑦᓱᒥᖓ ᐃᖕᖏᕆᐊᑕᒫᑦ ᐃᓅᒋᐊᒥᒃ ᐊᓕᐊᓲᒍᔪᖓ. ᐃᑉᐱᒍᓱᑦᓯᒪᔪᖓ ᐃᓅᓯᕋ ᐊᓕᐊᓇᖕᖏᑐᒨᕐᑕᑐᐃᓐᓇᑎᓪᓗᒍ, ᑫᕕᑐᐃᓐᓇᑑᔮᕐᓱᓂ, ᐱᔭᕐᓃᑑᓯᒪᔪᖅ ᑲᔪᓯᒍᓐᓇᐅᑎᑦᓴᒥᒃ ᓄᑭᑖᕋᓱᐊᕆᐊᖅ. ᐊᒻᒪᓗ ᓯᕗᓪᓕᐹᑦ ᐅᖃᐅᓰᑦ ᐃᖕᖏᕈᓯᓐᓂ ᑌᒣᑦᓯᒪᓂᕐᓃᕙᖓ ᓇᓗᓀᕐᓯᒋᐊᕐᑑᔮᕐᑐᑦ ᐃᓂᕐᑑᒪᓂᐊᖕᖏᓇᒪ, ᐅᕝᕙᓘᓐᓃᑦ ᑲᖕᖑᓱᓚᖓᖕᖏᓇᒪ ᑕᑯᑎᑦᓯᒋᐊᒥᒃ ᓇᓪᓕᓂᕐᒥᒃ ᐊᒻᒪᓗ ᓈᒃᑭᒍᓱᓐᓂᒥᒃ ᕿᑐᕐᖓᓅᕙᖓ ᐊᓕᐊᒻᒪᕆᖃᑦᑕᓯᒪᒐᒪ ᑕᑯᒍᓐᓇᓯᑐᐊᕋᒃᑭᑦᑦ ᑕᒫᑦ. ᑕᕝᕙᓂ ᐃᓅᓯᕐᒪ ᐃᓚᖓᓐᓂ, ᐋᖓᔮᓐᓇᑐᕐᑑᒪᓯᒪᔪᖓ ᐊᒻᒪᓗ ᐃᒥᐊᓗᒻᒪᕆᑉᐸᓱᖓ. ᑌᒣᑦᑑᓱᖓᓗ ᑕᕐᓂᕋ ᐅᕙᓐᓂᒃ ᕿᒫᑐᐃᓐᓇᓯᒪᔫᔮᕐᑐᖅ. ᐃᒻᒥᓂᒃ ᐊᓯᐅᔨᓯᒪᔪᖓ, ᐃᒻᒥᓂᒃ ᐃᓕᑕᕐᓯᖃᔦᕐᓯᒪᔪᖓ ᑭᓇᐅᓂᕐᓂᓗ, ᓇᒧᖕᖓᕋᓱᐊᕐᒪᖔᒻᒪᓗ. ᐋᖓᔮᑉᐸᒍᓐᓀᓱᖓ ᓱᓐᓂᒪᖔᒻᒪ ᓱᓕ ᑐᑭᓯᒐᓱᐊᕐᐸᑐᖓ. ᐊᕐᓱᕈᓐᓂᖅ, ᐋᓐᓂᐊᓂᖅ, ᑭᓯᐊᓂ ᓯᕗᓂᕐᒥ ᓂᕆᐅᑦᓯᐊᓂᖅ, ᓲᖑᓯᓂᖅ ᐱᔪᓂᒃ ᐃᖕᖏᕈᓯᒥᑦ ᑖᒃᑯᓇᓃᑦᑐᑦ. ᑕᒐ, ᐱᕕᑦᓴᖃᓕᕐᑐᖓ ᐊᓕᐊᓇᕐᑐᓂᒃ ᓄᐃᑦᓯᒍᓐᓇᓕᕐᓱᖓ, ᐃᓅᒋᐊᒥᒃ ᐅᐱᒪᓇᕐᑐᓂᒃ. ᐊᓕᐊᑉᐳᖓ ᐃᓅᒋᐊᒥᒃ, ᐱᑦᓯᐊᕈᒪᕗᖓ, ᐱᑦᓯᐊᓂᕐᓴᐅᒍᒪᕗᖓ. ᓈᒻᒪᑐᓂᒃ ᐱᐅᓯᖃᕈᒪᕗᖓ. ᐊᒥᓱᓂᒃ ᐃᖕᖏᕈᓯᓂᒃ ᐊᓪᓚᑕᕕᓂᕐᓃᕙᖓ ᕿᒥᕐᕈᓱᒋᑦ, ᐊᒥᓱᕕᑦᓱᖓ ᐃᒻᒥᓄᑦ ᐅᖃᐅᑏᒐᓱᐊᕐᓯᒪᔪᖓ. ᖃᐅᔨᒪᔫᔮᕐᓱᖓ, ᓱᖁᑎᑦᓴᑑᔮᕐᓇᖓᓘᓐᓃᑦ ᓈᓚᒋᐊᒥᒃ ᐃᖕᖏᑕᕐᓃᕙᖓ. ᑌᒣᒻᒪᑦ, ᐋᐊ, ᐅᑉᐱᕆᔭᖃᕐᐳᖓ ᐃᑲᔪᕐᓯᔭᐅᓯᒪᒋᐊᒥᒃ ᐃᓄᑦᑎᑐᑦ ᐊᓪᓚᓱᖓ.”
“ᖃᓪᓗᓈᑦ ᓄᓇᖓᓂᒥᐅᒍᓕᕐᓱᖓ, ᖃᐅᔨᓯᒪᔪᖓ ᐊᓯᐅᔨᓕᕆᐊᒥᒃ ᐃᓄᑦᑎᑐᑦ ᐅᖄᑦᓯᐊᕈᓐᓇᓂᕐᓂᒃ, ᐊᒻᒪᓗ ᐅᖃᐅᓯᖏᓐᓂᒃ ᐳᐃᒍᓕᕐᓱᖓ. ᐱᒻᒪᕆᐅᕗᖅ ᐅᖃᐅᓯᕐᓃᕕᑦ ᑎᒍᒥᐊᓪᓚᕆᒋᐊᖃᕆᐊᖅ, ᓴᕐᕿᑎᑦᓯᓲᖅ ᐅᐱᒪᓂᕐᒥᒃ ᐊᒻᒪᓗ ᓲᖑᓂᕐᒥᒃ ᐊᒻᒪᓗ ᐱᔪᑦᓴᐅᔮᕐᑎᓯᒍᓐᓇᓱᓂ ᐃᓕᓐᓂᒃ. ᐊᓯᑦᔨᕋᓱᐊᕆᐊᒥᒃ ᐅᐸᓗᓗᐊᕐᑐᖃᓚᐅᕐᓯᒪᑦᔭᖏᓪᓚᖅ, ᐅᖃᐅᓯᕐᓃᕕᑦ ᐃᓕᑦᓯᒐᓱᐊᕆᐊᒥᒃ ᐅᐸᓗᐊᕐᖃᔭᖕᖏᑐᑎᑦ (ᐅᖄᑦᓯᕈᓐᓇᓯᓗᒍ ᑐᑭᓯᑦᓯᐊᕈᓐᓇᓯᓗᒍ). ᐱᑦᔪᑎᑖᕐᓇᑐᖅ ᐊᒻᒪᓗ ᓄᑖᒥᒃ ᐱᕙᓪᓕᐊᑎᑦᓯᒍᒪᓯᓗᑎᑦ ᐃᓅᓯᕐᒥᒃ ᐊᑐᖔᓯᓗᒍ. ᓂᐅᕕᕐᖃᒥᓚᐅᔪᔪᖓ ᐃᓄᑦᑎᑐᑦ ᐅᓕᕐᓀᓯᒍᑎᓂᒃ ᐊᕙᑕᒃᑯᓂᑦ ᐊᓕᐊᓚᐅᔪᔪᖓ ᑖᒃᑯᓂᖓ ᐱᑖᕆᐊᒥᒃ. ᐃᓪᓘᑉ ᐊᐳᑎᐅᑉ ᑕᕐᕋᖓᑎᑐᑦ ᓄᐃᑕᑐᐃᓐᓇᓚᖓᓕᕐᑐᑦ, ᑌᒫᑦᓭᓇᕐᑕᐅᖅ ᐅᖃᐅᓯᖅ.”
“ᐃᓗᒡᒍᓯᖃᕐᑐᒍᑦ ᓱᑲᑦᑐᒥᒃ ᐊᓯᑦᔨᑐᑲᓪᓚᒋᐊᖃᕐᓯᒪᔪᒥᒃ ᐅᐸᓗᐃᔭᐅᓐᓇᓯᒪᒻᒪᑦ. ᐋᖓᔮᑉᐸᒍᓐᓀᕈᕕᑦ ᐱᓪᓚᕆᑦᑐᓂᓪᓗ ᓵᖕᖓᓯᖔᓯᓗᑎᑦ ᐊᒻᒪᓗ ᐊᖏᕐᓯᒪᑐᐃᓐᓇᓯᓗᒋᑦ ᐊᑑᑎᓯᒪᔭᑎᑦ, ᓄᑭᑖᓚᖓᔪᑎᑦ ᐃᒣᓕᒍᓐᓇᓯᓗᑎᑦ, ᑕᒐ, ᓱᒍᓐᓇᐳᖓ? ᐊᓪᓚᓗᖓ, ᓄᐃᑎᕆᓗᖓ, ᑕᑯᒥᓇᕐᑐᓕᐅᕐᓗᖓ ᑐᓴᕐᓂᔮᕈᑎᓕᐅᕐᓗᖓ. ᓄᓇᓕᐊᕐᐸᓗᓯ ᓄᓇᓖᑦ ᕿᒪᓪᓗᒋᑦ ᐱᓱᖕᖑᐊᑐᐃᓐᓇᕋᓗᐊᕈᕕᑦ (ᑭᓯᐊᓂ ᑌᒪᖕᖓᑦ ᐊᑐᐃᓐᓇᐅᕙᒋᐊᖃᕐᑐᑎᑦ ᐃᒻᒥᓂᒃ ᐅᖑᒪᐅᑎᑦᓴᓃᕕᑦ ᕿᒣᕙᒍᓐᓀᓗᑎᑦ).’’

À tous les deux ans, Puvirnituq accueille son célèbre festival des neiges qui réunit d’innombrables spectacles de musique ainsi qu’une multitude de compétitions et de concours de toutes sortes, comme celui du plus grand inukshuk ou de la meilleure sculpture sur pierre. Cette année, ce festival extrêmement populaire auprès des Nunavimmiut accueillera sur sa grande scène de spectacle Charlie ‘’Saali’’ Keelan, un chanteur originaire de Killiniq qui a majoritairement grandi à Quaqtaq et Kangiqsualujjuaq. Saali a été interviewé par Aumaaggiivik et il a parlé de fierté, de langue et d’art.
«L’écriture d’une chanson en inuktitut ou en anglais dépend de la façon qu’elle sort. Qu’est-ce que la musique veut dire. Comment ça se ressent, comment ça sonne mélodiquement. Ça arrive que je commence une chanson en anglais et que je la termine en inuktitut ou vice versa. [… ] Sapiqangitunga a d’abord été écrite en anglais. Chaque fois que je chante cette chanson, je suis tellement heureux d’être encore en vie. J’ai l’impression que ma vie se déroulait dans un cercle négatif, c’était difficile d’avoir la force de continuer. Et dès les premiers mots prononcés dans la chanson, je voulais transmettre que je n’aurai pas peur, je n’aurai pas peur de montrer de l’amour et de l’affection à mes enfants, car j’ai de la chance de les voir chaque fois que je peux. Durant cette période de ma vie, je prenais beaucoup de drogue et d’alcool. Ce qui me donne l’impression que mon âme s’était éloignée de moi. Je me suis perdu. Je ne pouvais pas reconnaître qui j’étais, où j’allais. J’essaie toujours de donner un sens à cette période avec un esprit sobre. La lutte, la douleur, l’espoir, la force qui vient de cette chanson sont là. J’ai maintenant l’occasion d’apporter quelque chose de positif, de quoi être fier en tant qu’Inuk. Je suis heureux d’être en vie. Je veux être bien, être meilleur, faire les bonnes choses. En regardant de nombreuses chansons que j’ai écrites, il y a eu plusieurs fois où j’essayais de me parler à moi-même. Comme si je le savais, mais comme si je n’avais pas envie d’écouter ce que je chantais. Alors, oui, je pense que ça a aidé d’écrire en inuktitut.»
«En vivant dans le Sud, je me suis rendu compte que je perdais les mots et la douceur de parler en inuktitut. Il est très important de garder sa langue maternelle car cela apporte fierté, force et motivation. Comme il n’est jamais trop tard pour changer, il n’est jamais trop tard pour apprendre à parler sa langue ou mieux la parler. Ça donne un objectif et une nouvelle motivation pour faire plus dans la vie. J’ai récemment acheté un dictionnaire d’inuktitut auprès d’Avataq et j’en suis très heureux. Tout comme les ombres de l’iglu sont là pour rester, la langue l’est aussi.»
«Nous avons une culture qui a brusquement changé. Quand vous restez sobre et faites face à la réalité et acceptez ce que vous avez vécu, vous aurez l’énergie de dire : Ok, qu’est-ce que je peux faire? Écrivez, créez, faites de l’art. Sortez du village, allez sur la toundra, même pour une simple promenade (Mais soyez toujours préparés et apportez quelque chose pour vous protéger).

Every two years, Puvirnituq hosts its snow festival which is gathering performing artists coming from many Inuit territory as well as various games and contests like the largest inukshuk or the best stone carving. This year, singer and songwriter originally from Killiniq, who grew up mostly in Quaqtaq and Kangiqsualujjuaq, Charlie “Saali” Keelan, will be among the artists performing in this famous Nunavimmiut festival. Saali was interviewed by Aumaaggiivik and he talked about pride, language and art.
‘’Writing a song in Inuktitut or English seems to depend on how it comes out. What the music wants to say. How it feels, how it sounds, melodically. But there have been occasions where the lyrics started off in English and ended up being in Inuktitut or vise-versa. […] Sapiqangitunga was starting off in English. Every time I sing that song, I am so happy to still be alive. It feels like my life was going in a negative circle, round and round, it was hard to have the strength to keep going. And the first words I say in the song are trying to convey that I will not be afraid, or be shy to show love and affection to my children because I was so happy to see them every time I had a chance. In this period of my life, I was taking a lot of drugs and alcohol. Which just feels like my soul got away from me. I lost myself, I couldn’t recognize who I was, where I was going. I am still trying to make sense of that whole time period with a sober mind. The struggle, the pain, but the hope, strength that comes from that song is there. Now, I have the opportunity to bring something positive, something to be proud of as an Inuk. I am happy to be alive, I want to do well, be better. Do the right things. Looking back at many songs I have written, there were many times where I was trying to speak to myself. Like I knew, but as though I didn’t care to even listen to what I was singing. So, yes, I believe it helped a lot to have written it in Inuktitut.”
“Living in the south, I realized I was losing the smoothness of speaking Inuktitut, and words. It’s very important to hold on tight to your mother tongue, it brings pride and strength and motivation in yourself. As it’s never too late to change, it’s never too late to learn to speak your language (better). It gives you a purpose and new drive to do more in life. I bought an Inuktitut dictionary recently from Avataq which I was very happy to get. Just like the shadows of the iglu are here to stay, so is the language.”
“We have a culture that had to adapt very quickly to the changes that happened abruptly. When you stay sober and face reality and accept what you have gone through, you will have the energy to say, ok, what can I do? Write, create, do art. Go out of the village to the land even for a walk (But always be prepared and bring something to protect yourself).’’

ᐊᑦᔨᓕᐊᕕᓂᕐᒥᓂᒃ ᐊᑐᕐᑕᐅᑎᑦᓯᓯᒪᔪᑦ / Crédits photos / Photos credits: Sebastien-Charles Boitel

Panel 4

ᐊᕗᓐᓂᑎᒃ | Février | February

ᐋᓛᐱ Collectif Aalaapi

ᓄᐃᑕᕕᓂᖅ ᐱᒋᐊᕐᑎᓯᓂᖓᓄᑦ Magnétho, ᐋᓛᐱ ᑲᑐᑦᔮᖃᕐᕕᒃ ᐱᓯᒪᔪᖅ ᑕᕝᕙᖓᑦ ᑕᑯᓐᓇᕋᑦᓴᒥᑦ ᑕᑯᓐᓇᐅᔮᕐᑎᓯᓲᒍᑦᓱᑎᒃ ᐊᒻᒪᓗ ᓈᓚᐅᑎᒃᑰᓲᒍᑦᓱᑎᒃ. ᐋᓛᐱ ᑕᑯᓐᓇᕋᑦᓴᓯᐊᒍᕗᑦ ᓈᓚᑦᑐᓂᓪᓗ ᐆᒻᒪᑎᒻᒥᐅᓰᓯᒪᑦᓱᑎᒃ ᐃᓅᓯᖏᓐᓂᒃ ᑕᓪᓕᒪᑦ ᐅᕕᒃᑫᑦ ᐊᕐᓀᑦ, ᐋᑐᕆ, ᓴᒫᓐᓴ, ᓗᐃᓴ, ᒥᐊᓗᑎ ᐊᒻᒪᓗ ᐊᑭᓂᓯ, ᐃᓅᕕᖃᕈᓐᓇᓲᓂᒃ ᖃᓪᓗᓈᑦ ᓄᓇᖓᓂ ᐊᒻᒪᓗ ᑕᕐᕋᒥ, ᑕᑯᑦᓴᐅᑎᑦᓯᒍᓐᓇᓲᒍᑦᓱᑎᒃ  ᓂᐱᖏᑦᑕ  ᓲᖑᓂᖏᓐᓂᒃ, ᐅᓂᒃᑳᖏᑦᑕ ᐊᒻᒪᓗ ᓯᕗᓂᑦᓴᖏᑦᑕ. ᑲᑐᑦᔨᓱᑎᒃ, ᐊᓪᓚᓯᒪᔪᑦ ᓈᓚᐅᑎᒃᑰᕈᑎᑦᓴᓂᒃ ᓱᔪᖃᕐᓂᐊᒪᖔᑦ ᖃᐅᔨᒪᓇᖕᖏᑐᓂᒃ, ᑕᑕᒥᓐᓇᑐᓂᒃ ᐊᒻᒪᓗ ᐊᑦᑐᑕᐅᓐᓇᑐᓂᒃ. ᑕᑯᓐᓇᕋᑦᓴᓕᐊᖏᑦ, ᑕᑯᓐᓇᐅᔮᕐᑎᓯᔩᓐᓄᑦ ᐱᖕᖑᐊᑕᐅᓯᒪᔪᑦ ᓈᓐᓯ ᓵᓐᑕᒧᑦ ᐊᒻᒪᓗ ᕼᐊᓇ ᑐᒃᑐᒧᑦ, ᐅᖄᖃᑎᒌᓯᑦᓱᑎᒃ ᓇᓗᓀᕐᑐᓯᒪᔪᓂᒃ ᑖᒃᑯᓇᖕᖓᑦ ᐱᓯᒪᑦᓱᑎᒃ, ᓄᑕᐅᓪᓕᑎᕐᓱᒋᑦ ᐊᑑᑎᖃᑦᓯᐊᕈᑎᑦᓴᖏᓐᓂᒃ ᐃᓕᐅᕐᙯᓱᑎᒃ ᐊᓯᖏᓐᓂᒃ ᐃᓚᒋᔭᐅᑎᒍᒪᔭᒥᓂᒃ. ᐋᓛᐱ ᑐᑭᓕᒃ “ᓂᐯᕈᑦᑐᓂᒃ ᑐᓴᕐᓂᑐᓂᒃ ᓈᓚᓯᑦᓱᑎᒃ”.
ᕼᐊᓇ ᐃᓅᓕᕐᓂᕋᒥ ᓇᐅᓕᒫᑦ ᐃᓄᑦᑎᑐᑦ ᐅᖃᐅᓯᖃᕐᑎᓗᒋᑦ, ᕼᓇ ᐃᒫᒃ ᐅᖃᐅᓯᖃᕐᓯᒪᔪᖅ “ᐅᕙᓐᓄᑦ ᐃᓕᖓᔪᑦ, ᑭᓯᐊᓂ ᓄᓇᕐᓚᒧᑦ ᓄᑦᑎᑎᕋᒪ, ᐱᒐᓱᐊᒻᒪᕆᓐᓇᓚᐅᕐᓯᒪᔪᖅ ᐅᖃᐅᓯᕐᓃᕙᖓ ᐳᐃᒍᕐᓂᐅᔭᕿᓯᑦᓱᖓ ᑌᒪ ᐅᓪᓗᑕᒫᑦ ᐊᑐᕋᓱᐊᖃᑦᑕᓚᕿᓂᐊᓕᕋᒃᑯ ᐅᖃᐅᓯᕋ. ᐸᓂᖃᕐᑐᖓ ᐃᓄᑦᑎᑐᓪᓗ ᐅᖃᐅᓯᕐᓃᕙᖓ ᐁᑦᑐᕈᒪᑦᓱᒍ ᑌᒣᒻᒪᑦ ᐅᕙᓐᓄᑦ ᐱᒻᒪᕆᐅᕗᖅ ᐊᑐᑦᓯᐊᐸᒋᐊᖃᕐᓱᒍ. “ᖃᓪᓗᓈᕐᑎᑐᑦ ᐆᑦᑑᑎᖃᓕᕋᒥ, ᐃᓄᑦᑎᑐᑦ ᐅᖃᐅᓯᕐᒥᒃ ᐊᑐᕐᓱᓂ ᑐᑭᓯᑦᓴᓯᐊᒍᑎᑦᓯᒍᓐᓇᓲᖅ ᐊᒻᒪᓗ ᐃᓄᒻᒥᒃ ᐅᖄᕕᒥᓂᒃ ᑐᑭᓯᑎᑦᓯᓯᐊᕈᓐᓇᓂᕐᓴᐅᓱᓂ, ᓂᐱᒥᓂᒃ ᐊᑦᔨᐅᖏᓪᓕᑕᕐᑎᓯᑐᐃᓐᓇᓱᓂ. ᐸᓂᒐᓄᑦ “ᐋᓐᓂᓇᕐᑐᖅ ᐅᖃᐅᓯᕐᒥᓂᒃ ᐊᑐᕐᖃᔭᕈᓐᓀᕆᐊᒥᒃ” ᐊᒻᒪᓗ ᐊᑕᐅᓰᑐᐃᓐᓇᓄᑦ ᕿᑐᕐᖓᕇᓄᑦ ᐳᐃᒍᕐᑕᐅᓚᕿᒍᓐᓇᓱᓂ.
ᒥᐊᓗᑎ ᐃᓱᒫᓘᑎᓕᒃ: “ᐃᓱᒪᖃᕐᑐᖓ (ᐃᓄᑦᑎᑑᕐᑎᓗᒋᑦ ᐱᓇᓱᐊᕋᑦᓴᓂᒃ) ᓯᕗᓂᕐᒥ ᐱᒋᐊᕐᑎᒍᒪᔭᕐᓃᕙᖓ, ᐊᓕᐊᓇᕋᔭᕐᑐᖅ ᐃᑲᔪᕐᓯᓂᖃᕐᓗᓂᓗ ᐃᓘᓐᓀᓂᒃ ᐅᖃᐅᓯᖃᖃᑎᒌᓂᒃ ᐅᕕᒃᑫᑦ ᖃᓪᓗᓈᕐᑎᑐᑦ ᐅᖃᐅᓯᖃᕙᓪᓗᐸᓕᕐᒪᑕ. ᐃᓅᓯᓕᕆᓂᕐᓄᑦ ᐱᑐᑦᓯᒪᐅᑏᑦ, ᐃᓄᑦᑎᑐᑦ ᐅᖃᐅᓯᖅ ᐃᒻᒥᓂᕿᑦᓱᓂ ᐱᕙᓪᓕᐊᑎᒍᓐᓇᖏᑦᑐᖅ, ᐃᒻᒥᓂᕿᑦᓱᓂ ᓄᐃᒋᐊᓪᓚᕈᓐᓇᖏᑦᑐᖅ.” ᐃᓱᒪᒋᔭᓕᒃ, ᐊᓯᖃᕐᒥᑎᓪᓗᒋᑦ, ᓱᑯᐃᔦᓂᕐᓄᑦ ᐱᓇᓱᒐᕐᓂᒃ ᐃᓄᐃᑦ ᐊᒥᓱᐃᓂᒃ ᑐᓂᕐᕈᑎᒋᓯᒪᔭᖏᓐᓄᑦ.
ᓈᓐᓯ ᓵᓐᑕ ᐋᓛᐱ ᐱᓇᓱᒐᕐᒥᒃ ᑕᑯᓐᓇᓂᓕᒃ ᐱᕕᑦᓴᓯᐊᒍᒋᐊᖓᓂᒃ ᑕᑯᔭᐅᑎᑦᓯᐅᑕᐅᓗᓂ ᐃᓄᐃᑦ ᐱᐅᓯᖏᓐᓂᒃ ᐊᒻᒪᓗ ᕿᒣᒍᑕᐅᓗᓂ ᐃᓓᓐᓈᕈᑎᐅᕙᑦᑐᓂᒃ ᐊᒻᒪᓗ ᑌᒫᑦᓭᓇᖅ ᐱᐅᓯᖃᕐᑐᕆᑦᓯᕙᑦᑐᓂᒃ, ᑕᑯᔭᐅᑎᓗᒍ ᐃᓗᒡᒍᓯᖅ ᐊᒻᒪᓗ ᐅᖃᐅᓯᖅ ᐃᒻᒥᓂᒃ ᐃᓕᒋᐊᓪᓚᕈᓐᓇᐳᖅ ᓯᓚᕐᕈᐊᕆᓕᕐᑕᑎᓐᓄᑦ ᐊᒻᒪᓗ ᑕᑯᓚᖀᑎᑦᓯᐅᑕᐅᓗᑎᒃ ᐊᑦᔨᐅᖏᑦᑐᓯᐊᒍᓂᕐᒥᓂᒃ. ᐋᓛᐱ ᐆᑦᑑᑎᑦᓯᐊᒍᒻᒥᔪᖅ ᑐᑭᓯᑎᑦᓯᒍᓐᓇᐅᑕᐅᑦᓱᑎᒃ ᐅᖃᐅᓯᐅᑉ ᐊᓯᐊᒎᓕᕐᑎᑕᐅᒍᓂ ᐅᐃᒍᐃᑎᑐᑦ ᐅᕝᕙᓘᓐᓃᑦ ᖃᓪᓗᓈᕐᑎᑐᑦ ᐊᑕᐅᓰᑐᐃᓐᓇᖅ ᐃᓱᒪᒋᔭᖃᕈᑎᒃ ᐊᑐᕐᓗᒍ.

Né de l’initiative de Magnéto, le Collectif Aalaapi est à l’origine de ce spectacle qui allie théâtre et création radiophonique. Aalaapi | ᐋᓛᐱ fait place à l’imagerie sonore et plonge l’auditeur au cœur de la vie de 5 jeunes femmes, Audrey, Samantha, Louisa, Mélodie et Akinisie, qui partagent leur vie entre le sud et le nord, dans une formule qui révèle la puissance de leur parole, de leurs histoires et de leur devenir. Ensemble, elles écrivent une radio à la fois imprévisible, surprenante et touchante. La création théâtrale, portée par les interprètes Nancy Saunders et Hannah Tooktoo, entre en dialogue avec le documentaire dont elle est issue, renouvelant l’expérience sonore en y adjoignant d’autres disciplines. Aalaapi veut dire « faire silence pour entendre quelque chose de beau ».
Hannah a grandi dans une famille où tous s’expriment en inuktitut, pour elle « ça fait partie de moi, mais lorsque j’ai déménagé en ville, ça été très difficile de conserver ma langue alors j’ai cherché des façons de l’utiliser quotidiennement. J’ai une fille et je veux lui transmettre l’Inuktitut donc c’est primordial pour moi de l’utiliser ». Lorsqu’elle compare avec l’anglais, l’Inuktitut permet selon elle d’être plus expressif et de mieux comprendre les intentions d’une personne, seulement avec les subtilités du ton de la voix. Pour elle « c’est douloureux de perdre sa langue » et il suffit d’une génération pour qu’elle se perde.
Mélodie aussi se préoccupe : « J’ai quelques idées [de projets en Inuktitut] que j’aimerais faire dans le futur, non seulement ce serait plaisant mais ça aiderait toute une génération car les plus jeunes s’expriment plus en anglais. Avec les réseaux sociaux, l’inuktitut ne se développe pas, ne se mets pas à jour ». Elle pense entre-autre à des projets en science où les inuits ont beaucoup contribués.
Nancy Saunders voit dans le projet Aalaapi l’opportunité de montrer la façon de faire des inuits et s’éloigner des préjugés et stéréotypes ; démontrer que la culture et la langue sait se réinventer dans un monde moderne et faire la démonstration de son unicité. Aalaapi est d’ailleurs un bon exemple d’une expression impossible à traduire en français ou anglais dans un seul concept.

Born from the initiative of Magnéto, the Aalaapi Collective is at the origin of this show which combines theater and radio creation. Aalaapi | ᐋᓛᐱ gives way to sound imagery and plunges the listener into the heart of the lives of five young women, Audrey, Samantha, Louisa, Melodie and Akinisie, who share their lives between the South and the North, in a formula that reveals the power of their voice, their stories and their future. Together, they write a radio that is unpredictable, surprising and touching. The theatrical creation, performed by the performers Nancy Saunders and Hannah Tooktoo, enters into dialogue with the documentary from which it comes, renewing the sound experience by adding other disciplines. Aalaapi means “to silence to hear something beautiful”. Hannah grew up in a family where everyone speak in Inuktitut, for her “it’s part of me, but when I moved to the city, it was very difficult to keep my language so I looked for ways to use it daily. I have a daughter and I want to transfer Inuktitut to her so it’s important for me to use it. “When she compares to English, Inuktitut allows her to be more expressive and to better understand the intentions of a person, only with the subtleties of the tone of the voice. For her “it’s painful to lose one’s tongue” and it only takes a generation to get lost.
Melodie is also concerned: “I have some ideas [of projects in Inuktitut] that I would like to do in the future, not only would it be pleasant but it would help a whole generation because the youngest ones express themselves more in English. With social networks, Inuktitut does not develop, does not update itself. ” She thinks, among other things, of science projects in which Inuit have contributed a lot.
Nancy Saunders sees the Aalaapi project as an opportunity to show Inuit ways and to move away from prejudices and stereotypes; demonstrate that culture and language can reinvent itself in a modern world and demonstrate its uniqueness. Aalaapi is also a good example of an expression impossible to translate into French or English in a single concept.

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Artistes:
Samantha Leclerc, Hannah Tooktoo, Nancy Saunders, Akinisie Novalinga, Mélodie Duplessis, Louisa Naluiyuk, Audrey Alasuak

ᐊᑦᔨᓕᐊᕕᓂᕐᒥᓂᒃ ᐊᑐᕐᑕᐅᑎᑦᓯᓯᒪᔪᑦ / Crédit photos / Photo Credit: Marie-Eve Rompré